A coeur ouvert

le blog de Régis de BERRANGER

Avec sa gueule de métèque, il est parti !

Classé dans : Culture — 23 mai, 2013 @ 12:57

 

Ce billet date d’octobre 2011, alors que Georges MOUSTAKI rendait publique sa maladie « irréversible »; alors qu’il est passé aujourd’hui sur l’autre rive, je n’en change pas un mot. Certes, le Métèque n’écrira plus, mais ses chanson et Milord n’est pas prés de passer l’arme à gauche!

Cher Georges,

 Il y a longtemps qu’on ne t’avait  ni vu, ni entendu « l’ami » Georges; oui, je me permets de t’appeler « ami » tellement je te sens proche, tellement bien de tes chansons me parlent.

Et voici que, à travers une interview au journal La Croix (14.10.2011), tu nous reviens, expliques tes absences et nous parles de ta santé: celle-ci n’est pas bonne, dis-tu, tu es atteint d’une maladie pulmonaire dite irréversible. Et, paisiblement, tu nous expliques ce qu’est ta vie aujourd’hui, des personnels qui t’ont soignés, et combien, même si ta vie ne peut plus être la même, elle est là: tu voyageais de par le monde, tu voyages dans sa chambre, maintenant, et tu peins, tu écris, tu dessines et les nouvelles technologies facilitent les choses. Ecris encore longtemps, Georges!

A travers ta gueule de métèque je retrouve la diversité du monde: le métèque, celui qui n’est pas chez lui, qui vit dans une autre ville, un autre pays; ce qui n’était pas péjoratif, à l’origine, l’est devenu pour parler des autres, déracinés, immigrés, étrangers ici et parfois aussi chez eux. Ils ont la peau brune, souvent, comme celle que tu as du avoir, sans doute, tu en parles, en tout cas comme celle de ces peuples en révolution, d’Egypte, ton pays, qui t’ont surpris.

Le juif errant, certes c’est celui qui a cherché sa terre longtemps, qui se bat pour qu’elle soit reconnue par tous, mais ce sont aussi ces peuples en attente de leur propre terre, comme les Palestiniens, et toutes ces femmes, ces hommes, déracinés qui fuient la guerre, la misère.

Peut-être tirai-je un peu sur le sens de tous tes mots, je n’en suis pas si sûr?

Et le pâtre grec me fait penser à cette vie faite de proximité avec la terre et ceux que le Créateur a donné à l’homme pour lui tenir compagnie, le nourrir.

Milord, c’est tout autre chose! Je ne pense pas que ces paroles soient autobiographiques, après tout je n’en sais rien; il n’y avait que Piaf pour le chanter, au moins pour la première fois: celle que croise Milord, c’est elle; ah! Ces hommes brillants en apparence, qui montrent beau, mais qui pleurent comme tout un chacun devant l’échec de ces amours fugaces.

« Tout ce qui brille n’est pas or, » dit le proverbe, tout ce qui est paraître est fragile; et ceux qui permettent de sortir du marasme, de la panade, du chagrin sont souvent ceux,  en apparence plus fragiles, plus simples, mais plus riches d’une générosité du cœur, plus riches de partager le peu qu’ils ont. Celle que tu croise, Milord, fait peut-être un « métier » que la société réprouve, la vie n’a sans doute pas été facile pour elle. Mais peut-être, si tu sais l’écouter, tu perdras un peu de ta superbe, mais tu gagneras du fond.

Et le temps de vivre? Je la connais encore par cœur cette chanson, je l’ai chantée avec celle que j’aime, il y a……….quelques années; le temps de vivre c’est celui dont nous parlions en mai 1968, de vivre et d’être libre! Certes il y avait du rêve, et tu le chantes su bien; du rêve, il y en a dans ces périodes de type révolutionnaire et les réalités, ensuite, voient souvent arriver des retours de bâton, il y en eu. Le lieu n’est pas ici d’en tirer des analyses; mais le rêve, la volonté de changer les choses, le refus du fatalisme ne sont-ils pas encore et toujours nécessaires? Périodiquement des coups de sang se produisent, et des peuples se soulèvent, alors? Il y a encore du chemin pour passer du rêve de sa vie à la vie de ses rêves, mais si on ne fait rien?

Voilà, cher Georges, ce qui m’est venu après t’avoir lu; merci de nous donner de tes nouvelles. Que les temps que tu vis soient paisibles et, comme tu l’espère, je souhaite que la vie passionnante que tu as menée le soit vraiment jusqu’au bout…..et que ce bout soit le plus loin possible!

Salut l’artiste !

Qu’attendre de l’Eglise ?

Classé dans : Foi et religion — 20 mai, 2013 @ 4:41

 

Qu’attendre de l’Eglise ? dans Foi et religion images-16-150x150La période intense que notre pays vient de vivre à propos du « mariage dit pour tous » a mis, mais pas seulement, l’Eglise catholique en débat; pourtant, elle n’a pas été seule dans les positions qu’elle a défendues puisqu’elle s’est retrouvée, peu ou prou, sur des positions semblables avec les autres religions.

Mais il en est ainsi et acceptons la discussion.

Par ailleurs, depuis son élection, le Pape François a fait un certain nombre de déclarations, pris position ou donné des éclairages dans ses homélies et discours.

Aussi, tout au long du dernier hiver, mais cela se prolonge comme l’hiver lui-même, de nombreux sans abris ont été accueillis dans les paroisses et lieux d’Eglise.

Enfin, 12000 personnes se sont retrouvées à Lourdes, autour de l’Ascension, dans le cadre de Diaconia 2013 sur le thème « Servons la fraternité ! »

Alors, quelle Eglise est en débat ? Laquelle veulent quitter certains? Je ne saurai trop recommander, à ce sujet, le poignant échange dont se fait l’écho René POUJOL sur son blog.

Au fond, les questions qui sont posées sont les suivantes: pourquoi l’Eglise intervient-elle ? A quel titre ? Quel est son rôle ?

Tout homme et tout l’homme

Dans son encyclique de 1967, « Populorum progressio », Paul VI insistait sur la nécessité pour l’Eglise, mais pas seulement, de s’intéresser à « tout homme et à tout l’homme »: aucun homme, terme générique, aucun être humain ne devait être oublié, ne méritait pas qu’on s’intéresse à lui et « cet intérêt » concernait sa totalité et non pas dans certains domaines seulement.

La vie de l’homme de sa conception à sa mort, sa vie sociale, ses conditions de travail sont donc tout autant importants et appellent qu’on s’y intéresse.

Si l’Eglise est une, elle n’est pas uniforme, monolithique; si elle est institution, « hiérarchie », elle est aussi faite de chacune et chacun de ses membres dans toute leur diversité. Cet aspect institutionnel, qui s’inscrit dans une histoire et une tradition ne peut aller sans la prise en compte et l’intervention de chacune et de chacun de ceux qui se reconnaissent en elle. Et chacun se doit de prendre en compte que sa réalité n’est pas celle de l’autre en termes de proximité, de culture, de situation géographique, de situation sociale.

Lorsqu’à un moment ou à un autre l’Eglise (institution, évêques, prêtres,…) prend position, elle le fait au titre de l’idée qu’elle se fait de l’homme.

Accompagnateur de catéchumènes pendant de longues années, il me revient un échange avec l’un d’entre eux à propos de la fidélité, de l’engagement entre conjoints, y compris dans la période précédant le mariage proprement dit. Il y avait deux manières d’aborder l’échange :

  • la première en termes de règles au sens d’autorisé ou d’interdit
  • la deuxième en resituant ce qu’était pour l’Eglise l’être humain, son corps, le respect qui lui était dû à ce titre. Aussi, ce que signifiait pour un homme et une femme la promesse qu’ils se sont faite de former couple.

Notre échange s’est déroulé selon la deuxième manière et mon interlocuteur me dit alors comprendre le pourquoi et le comment de ce que disait l’Eglise sur les relations en hommes et femmes dans tout ce qu’elles contiennent et signifient: « Comme cela, je comprends. »

Pour en revenir au débat sur le mariage, les positions exposées par l’Eglise ne peuvent se comprendre (et s’accepter ?) que si on les met en perspective avec une vision anthropologique et la reconnaissance de l’altérité et de la différence  de l’homme et de la femme, la procréation étant fruit d’une relation entre l’un et l’autre.

Une seule tête ?

Ne peut-on pas considérer qu’une part des réactions apparues  vient d’une idée de l’Eglise dirigeant les consciences? Une telle façon de voir est refuser de voir qu’il n’en est plus ainsi depuis longtemps. Peut-être y a-t-il aussi cette difficulté à se penser sans autre conscience que la sienne propre ?

Pour autant, on ne peut interdire à l’Eglise, à se membres de prendre parti, de se manifester pour faire entendre un point de vue.

Pour ma part, donner un avis, s’opposer parfois, critiquer est une forme de respect de tout un chacun en montrant de l’intérêt pour ce qu’il est, pour ce qu’il dit, de l’importance des questions en cause.

Il n’en demeure pas moins qu’il peut être difficile de tenir des paroles et des positions exigeantes qui ne se contentent pas de prendre ne compte l’évolution de ce qu’on appelle la modernité, tout en étant attentif à être en situation d’ écoute de chacun, de prise en compte de la diversité des réalités et particulièrement des souffrances exprimées. Mais ceci n’est-il pas une situation fréquente en famille ? Aimer n’est pas de tout accepter, mais passe par ces paroles exigeantes, ces refus parfois qui sont balises et repères, au nom de cet amour.

Je veux croire qu’un des problèmes aujourd’hui de notre société est cette réduction du rôle des parents, de la famille comme lieu d’échange d’aide à la construction de la vie de femme et d’homme.

Si ce que dit l’Eglise s’inscrit dans une histoire, se base sur des fondements qu’on ne peut nier, elle ne peut être vivante et écoutée que si elle sait aussi mettre à contribution chacune et chacun; cela pose alors la question de la vie des communautés ecclésiales diverses qui doivent être le lieu privilégié de ces échanges.

Aussi, dans un débat comme celui que nous venons de traverser, les prises de positions, les formes d’expression de celle-ci dans ses différentes composantes ne peuvent être comme si « circulez y a rien à voir, » mais intégrer la réalité de ce qu’est l’Eglise et ses membres, et au-delà.

Je veux croire que la période que nous venons de traverser éclairera sur ce qui est et ce qui doit avancer.

Avec tendresse, souvent, avec colère parfois, peut-être avec souffrance quelquefois, j’aime  l’Eglise telle qu’elle est, dans sa globalité et, pour reprendre une phrase du Pape François ce dernier dimanche

« Je préfère une Eglise qui sort et a des accidents à une Eglise qui pourrit de l’intérieur ! »

PSG et Trocadéro, mépris et indécence

Classé dans : Sport — 17 mai, 2013 @ 5:18

 PSG et Trocadéro, mépris et indécence dans Sport images-61-150x150L’objet ici n’est pas  d’en ajouter à la controverse quant aux  événements qui se sont déroulés l’autre soir au Trocadéro, quand bien on puisse s’interroger sur les décisions prises ou non prises en amont de la manifestation, les équilibres en matière de mobilisation des forces de polices selon tel ou tel événement de rue.

Un mot toutefois, il faudra bien un jour que toutes les parties concernées se préoccupent de hooliganisme à la française, sans attendre un drame comme au Heysel  en 1985 ; on peut suggérer aux responsables européens d’interdire de compétition les équipes françaises, comme ils avaient réagi vis-à-vis des équipes britanniques ?

Au-delà, ceci  fait percevoir un double sentiment de mépris et d’indécence.

Mépris

Le mépris est celui manifesté par tous ceux qui ont permis qu’une telle fête soit possible à ce moment ; certes, l’arithmétique est telle que le Paris Saint-Germain ne pouvait être rejoint par une autre équipe en tête du classement de championnat de France de football, mais le championnat lui-même n’était pas terminé puisqu’il restait deux journées à disputer.

Tant pour le championnat lui-même, que pour les autres équipes concourant, la moindre des choses était d’attendre après la dernière journée de compétition. Va-t-on remettre le trophée à un coureur ou un athlète ayant une large avance sans attendre l’arrivée des derniers coureurs ?

Les dirigeants du PSG sont bien entendu en cause, mais les matchs ont été si compliqués….

Les dirigeants du football sont tout aussi fautifs en acceptant cette remise du trophée avant l’heure.

Et les élus parisiens qui ont acceptés de chanter le même air du mépris.

Qu’on me comprenne, je n’aurai rien trouvé à redire sur le principe si une telle fête avait été programmée une fois que la compétition était terminée ; il est normal qu’une équipe, des supporters veuillent célébrer un titre national. Et il y avait si longtemps que le PSG n’en avait pas eu !

Mais pas comme cela, à ce moment- là, non, trois fois non, à moins qu’on considère que l’éthique sportive ne signifie plus rien.

C’est là qu’on en vient au double sentiment.

Indécence

Dans un précédent billet, j’avais déjà parlé d’indécence à propos des revenus de certains joueurs, de l’entraineur, des sommes fabuleuses dépensées pour recruter les meilleurs ; on annonce d’autres folies pour espérer gagner la Ligue des Champions.

On a vu que les matchs n’ont pas été si facile que cela tout au long du championnat ; peut-être les dirigeants qataris se sont-ils inquiétés un moment du retour sur investissement.

De mépris et d’indécence, un des dirigeants, Leonardo, en avait manifesté en faisant comprendre que son équipe n’était pas faite pour des matchs contre Troyes, Ajaccio, Evian-Thonon et autres équipes du championnat de France, mais pour des matchs autrement plus importants de la Ligue des Champions.

On m’a toujours appris que le respect des adversaires s’illustrait par le fait qu’on « donnait tout ce qu’on avait » quel que soit son niveau présumé. Eh bien, messieurs……. ?

L’indécence est donc bien dans un ensemble de comportements, d’argent étalé alors que, par ailleurs, ce n’est que crise, pertes d’emplois, difficultés et épreuves de toute sorte. Les manifestations et actes condamnables de certains peuvent trouver une explication dans cette indécence et cette provocation.

Les lecteurs de « A cœur ouvert » savent que j’aime le sport, que je considère qu’il est un moyen essentiel pour se construire ; je sais aussi que, à un certain niveau, on ne fait pas jouer des sportifs pour des ronds de carotte !

On peut aussi s’interroger sur l’intérêt futur d’une compétition si une ou deux équipes ont de tels moyens que, a priori, les premières places sont, dans l’ordre ou le désordre, attribuées avant le début de la compétition !

Si on croit à l’éthique sportive, si on veut éviter, à l’avenir, que se reproduisent de tels événements, il serait responsable de se poser les bonnes questions ; à moins qu’on ne mobilise les forces de police, cette fois-ci en nombre suffisant, mais une fête encadrée par des policiers, est-ce vraiment une fête ?

A bon entendeur…..

J’aurai envie de l’apprendre aux autres…

Classé dans : Famille — 13 mai, 2013 @ 5:10

 

J’aurai envie de l’apprendre aux autres… dans Famille images-6-150x145Un jour, mon petit-fils voulait donner à manger à tous les enfants qui avaient faim; une autre fois, il voulait offrir une douche et du savon à tous ceux qui en manquaient.

Ces jours de vacances, il regardait intervenir un technicien dans son bungalow au camping, il y avait un problème de tuyauterie; le pauvre homme ne savait pas qu’il n’était pas venu que pour cela, car il avait auprès de lui un observateur attentif à tous ses faits et geste

  • « Comment ça marche ? »
  • « Pourquoi ça ne marche plus ? »
  • « Qu’est-ce que tu fais ? »

….

Et ses observations étaient accompagnées de commentaires et d’essai de comprendre à haute voix le circuit de l’eau (c’était un problème de plomberie). Le technicien s’émerveillait alors de toutes ses questions et, devant les réponses, percevant qu’il découvrait des choses nouvelles, mon petit-fils dit alors :

« Un jour, je saurai tellement de choses, que j’aurai envie de les apprendre aux autres ! »

Il y a quelques semaines, devant la complexité des choses, devant la masse de ce qu’il y avait à apprendre pour être grand il disait :

« Quand on est petit, ça va, il y a Papa et Maman qui décident; mais plus on grandit, plus ça se complique ! »

T. est bien dans cette phase de l’enfance où on perçoit la complexité des choses, on dirait « la masse d’informations » à avoir, à savoir; si, dans un premier temps il prit cela pour des difficultés, sa remarque aujourd’hui ne peut-elle pas être comprise à la fois comme la perception qu’il grandit, qu’il découvre et qu’il a encore beaucoup à découvrir, mais pas pour soi seul ?

Mais aussi, on trouve cette générosité, assez enfantine (au sens de période de la vie) : après l’eau, le savon ou à manger, ce qu’il veut partager c’est son savoir ; à sa taille, il perçoit l’importance (en valeur et en quantité) de ce que les adultes apprennent aux enfants, de ce qu’eux-mêmes apprennent de la vie. Ainsi ils grandiront, deviendront adultes.

Plus, ce qui est appris ne l’est pas que pour soi-même, chacun ne vit pas seul, mais en groupe, avec d’autres; j’avais déjà abordé cette notion à propos de la famille au sein duquel les premiers apprentissages du collectif se font, les joies les bonheurs sont, bien entendu, pour soi-même, ils sont là pour que nous en profitions.

Mais ceux-ci ne prennent toute leur dimension que partagés; s’ils nous ont enrichis, aidé ils peuvent tout autant enrichir, faire grandir l’autre.

Et les savoirs ne sont pas qu’intellectuels.

Aussi, quand bien même il faille écouter avec  recul les souhaits  pour « quand on sera grand » émis dans le plus jeune âge, T. nous dit qu’il voudra être enseignant plus tard. Courage, mon bonhomme, quand on sait les difficultés rencontrés dans le système éducatif, combien est complexe le rôle des enseignants !

Sans doute, a-t-il eu, au cours de ses quatre premières années d’école, l’exemple d’enseignants de grande qualité, aimant leur métier et aimant les enfants  et donc il apprécie ce qu’il apprend, il perçoit que grâce à eux il a grandi. C’est aussi comme cela que viennent les vocations.

Alors, une vocation, durable, vient-elle de naître ? Une de mes enfants a émis son projet d’être médecin à la préadolescence.

Pourquoi pas si jeune ? L’avenir dira, mais il y a, sûrement, une lourde responsabilité pour nous adultes de ne pas décevoir ces petits bouts, faire en sorte de faire fructifier cette recherche d’apprendre, cette générosité naissante..

Tout simplement être à la hauteur de ce qu’ils attendent.

De l’efficacité à la fécondité

Classé dans : Vivre — 25 avril, 2013 @ 5:10

De l'efficacité à la fécondité dans Vivre images-51-150x150L‘âge venu, qualifié auparavant de vieillesse, les maux physiques arrivent; ils peuvent être variables et je ne parlerai pas ici des plus graves, risquant d’engager l’avenir.

Tout simplement le corps, et chacun est particulier, accuse « l’usure du temps ». Le dire comme cela peut sembler facile, le vivre est parfois difficile, qui plus est quand il y a un enchaînement de petites difficultés occasionnant examens divers, attentes, soucis ou inquiétudes.

La conséquence de tout ceci est parfois quelques handicaps, en tout cas l’impossibilité de poursuivre son existence de la même façon, au même rythme;  pour prendre un terme d’aujourd’hui, « on n’est plus efficace », on ne « produit plus »; viennent alors, parfois, souvent, irritations et réactions face à ce qui n’est que la vie.

La vie spirituelle, le conseil, l’accompagnement, l’amour sont des aides essentielles pour dépasser ces états, les accepter; ceci ne signifie pas subir et laisser faire, mais  les dépasser pour mieux les appréhender, parfois les combattre, et prendre conscience que ce qui n’est plus possible ici, l’est là. Se dire que si nous ne pouvons plus être efficaces physiquement, nous pouvons être féconds dans la relation à l’autre, dans l’aide à ceux qui la sollicite intellectuellement, spirituellement.

En quelques sortes, le corps se tasse mais l’esprit grandit, nous passons de l’efficacité à une autre dimension de la fécondité.

Et les quelques maux, il est on peut ainsi les offrir comme modeste, très modeste participation à ceux bien plus importants d’hommes et de femmes et de Celui qui nous a montré ce qu’étaient et la souffrance et l’Amour.

Violences, politique et démocratie

Classé dans : Politique — 24 avril, 2013 @ 10:30

 

Violences, politique et démocratie dans Politique index-12-150x150Comme annoncé dans mon précédent billet, j’aborde ici la notion de « violences » dans le domaine politique.

Si ces derniers mois en ont montré quelques exemples, le phénomène n’est pas nouveau si on veut bien considérer que celles-ci ont plusieurs formes. Faut-il que le contexte soit bien pollué pour qu’on voit des députés, en plein hémicycle, menacer physiquement un conseiller de la Garde des Sceaux ou s’invectiver comme on a pu le voir?

Débattre ou se battre ?

La première condition pour débattre est que, sur un sujet précis, il y ait des points de vue différents ou opposés, et donc convictions.

Sans cela, ou on tombe dans une unanimité mièvre ou bien dans un échange conclu par la relativité de toute chose, chacun reste avec son point de vue, aucune élaboration collective n’est possible.

De points de vue différents ou opposés, il n’est pas très difficile d’en trouver ; ces derniers mois nous l’on montré.

La deuxième condition est le but auquel on veut arriver : envisage-t-on, sur tout ou partie, qu’il puisse y avoir accord (même pour dire qu’on n’est pas d’accord !), point de vue commun ? Ou bien chacun reste sur ses gardes et refuse toute vérité à l’autre ?

Si l’entente ou l’accord sont envisagés, recherchés l’écoute réciproque sera le moyen incontournable pour aboutir. Est-il si difficile d’entendre des avis, des positions, de convictions d’un autre, quand bien même seraient-ils opposés aux miens ? Le respect sera le ciment d’un échange fructueux.

De telles démarches sont plus courantes qu’on ne veut bien le penser lors de négociations internationales ou, plus près de nous, entre partenaires sociaux comme lors du récent accord sur l’emploi.

Mais ce n’est pas l’exemple donné par les majorités politiques successives, et nous touchons là à une première violence ; je prends deux exemples :

  • bien sûr, il y a le projet de loi sur le mariage dit pour tous :

Tout a été dit et redit et, à quelques menus points près, non seulement il n’y a pas eu volonté de mettre « dans le coup » la population et mais les « débats » au Parlement ont été à sens unique. Pour une part essentielle, les tensions rencontrées tout au long de ces mois trouvent leurs sources ici (je ne parle pas des violences, agressions et autres inacceptables et condamnables).

L’avenir dira ce que seront les suites et les conséquences.

  • sous la précédente majorité, si les effets n’ont pas été les mêmes en termes de manifestations et réactions, la nécessité de résoudre le problème du financement des retraites a utilisé des chemins identiques : alors que, sur des questions de ce type, la voie de la négociation doit être privilégiée, il n’y a eu que consultation des partenaires sociaux dont on a peu tenu compte, les politiques se sont réservé « l’exclusivité » du débat où chaque tendance est restée sur ses positions. N’y a-t-il pas là, aussi, violence ?

Nous savons que ce problème des retraites n’est aucunement réglé et qu’il faut à nouveau s’y atteler.

Dans l’un ou l’autre cas la cohésion du pays, la cohésion sociale sont les perdantes alors qu’une confrontation franche et ouverte, une population mise à contribution et, en bout, prise de décision à par le vote des représentants du peuple auraient renforcé cette cohésion.

« J’ai la majorité, je décide »

L’argument suivant a souvent été avancé lors des derniers événements : la proposition 31 figurait dans les propositions du candidat Hollande, le peuple s’est exprimé en 2012, donc elle doit s’appliquer !

Ce raisonnement explique le refus d’un débat large dans la population et, de fait, l’absence de vrais échanges au Parlement.

Bien évidemment, un président, un gouvernement, une majorité doivent respecter leurs engagements électoraux ; il s’agit tout simplement du respect des électeurs. Mais, confrontées à la réalité (les 75 % par exemple), des promesses ne peuvent être appliquées car irréalistes ou doivent être adaptées à l’évolution des événements.

Mais aussi, les électeurs qui ont élu François HOLLANDE ne forment pas un bloc monolithique : il y a les inconditionnels, les ralliés et ceux qui ont voté contre Nicolas SARKOZY sans adhérer aux positions de l’autre candidat.

Par ailleurs, on le voit bien, la majorité parlementaire est loin d’être cohérente et en accord sur tout; ceci explique peut-être cela?.

Enfin, et particulièrement sur des sujets de société comme ceux du mariage et de la filiation, il y a lieu de rechercher, d’abord, la cohésion nationale bien nécessaire dans la période que nous vivons.

La même nécessité d’un débat large se présentait pour le dossier des retraites lors du précédent mandat.

Dire tout cela n’est pas remettre en cause le choix des électeurs, mais rechercher à avancer, progresser dans la cohésion et l’unité ; la « minorité » acceptera d’autant mieux la décision majoritaire qu’elle aura eu toute possibilité de s’exprimer.

Y a-t-il un risque ? Oui, que le, projet de départ  subisse, soit enrichi des inflexions, des adaptations, mais la conclusion aura été celle de tous.

Dire cela n’est pas la recherche d’une unité nationale molle, une démarche de « bisounours », mais la volonté d’avancer ensemble dans la prise en compte d’un monde et de réalités complexes.

Pour ma part, je n’aurai de cesse de le penser,…………et de le dire !

Violences

Classé dans : Vivre — 22 avril, 2013 @ 11:14

 

Violences dans Vivre images-31-150x150Lors de son discours à l’ouverture de la dernière Assemblée Plénière des évêques, le 16 avril, le Cardinal André VNGT-TROIS a dit que, selon certains mécanismes en cours, « se préparait une société de violence. »

Et des réactions sont apparues.

Violences multiples

Serait-ce qu’il y a quelque chose de nouveau ? Serait-ce récent que notre société sécrétait des violences ?

Quand on entend ce mot, on pense immédiatement aux conflits entre peuples, nations et l’actualité en fait état tous les jours ; ce qui se passe au Moyen-Orient, dans les pays arabo-musulmans n’en sont pas des moindres.

N’est-elle pas violence où les pauvres sont plus pauvres et les riches plus riches? Où on meurt chaque jour de faim?

De par le, monde, il y a les enlèvements, les prises d’otages ; s’l y a eu la joie de voir la libération  de la famille MOULIN-FOURNIER, combien d’autres restent encore entre les mains de leurs ravisseurs.

Il y a aussi toutes ces violences aux plus faibles ; parmi les pires celle de ces derniers jours en Inde où une enfant de 5 ans a été séquestrée et violée.

Et celles qui nous touchent de près qu’elles soient agressions physiques, vols, règlements de compte,…..

Souvent, ces violences de toute sorte sont le produit de pauvreté, de frustrations de toutes sortes.

Vous avez dit « égalité ? »

Et il y a aussi une évolution dans nos sociétés, occidentales et dites riches, qui tend à tout égaliser, considérer que tout est un droit, tout est objet de liberté, tout est droit.

Est-ce liberté ? Est-ce aide à la construction de la vie de femme et d’homme que de proposer aux jeunes une vie sexuelle mal maîtrisée, faite d’un « libertarisme sexuel » (quand je veux, comme je veux). Quels risques sont pris dans des « nouveautés » comme le sexting consistant à s’exhiber dénudé(e)s via internet ou autres mobiles ? N’y a-t-il pas violence pour ces enfants issus de ces couples éphémères?

Est-ce l’égalité quand on veut effacer, et le débat en cours sur le mariage y contribue, les différences de sexe ; la procréation ne serait plus le fruit de la relation entre un homme et une femme, mais, pour certains, celui de l’utilisation des dernières recherches de la science, de la marchandisation des corps ?

Il ne s’agit plus, ici d’égalité, qu’on confond avec l’équité, mais d’un égalitarisme dangereux.

Et nous revenant à la violence : face à un mode de construction personnel débridé, sans balises, face à une volonté de gommer ce qui est un élément essentiel de l’altérité, à savoir la différence sexuelle, on génère ces sources de violence du fait de la difficulté de se construire, devant la difficulté de se faire reconnaître dans sa personnalité, sa particularité.

La sécularisation renforcée de nos sociétés, où l’être humain n’est plus considéré pour ce qu’il est mais comme un parmi d’autre, est elle-même facteur aggravant de ce que nous vivons.

Il est une autre violence qui se trouve dans le débat politique et, entre autre, la question sur les conditions d’application d’un programme électoral ; celle-ci fera l’objet d’un autre billet.

Si on veut bien sortir de la confrontation camp contre camp, gauche contre droite, largement facteur de violence, si on veut bien écouter celles et ceux qui n’ont pas d’ambition de pouvoir, mais d’éclairer les consciences, de participer à la construction d’une société ou l’être humain, dans toutes ses dimensions, sera au centre, il n’est pas possible de rester aveugle ou sourd à ce que ceux-ci et ceux-là peuvent dire ou écrire.

La société dans laquelle nous sommes sera-t-elle celle que nous voyons être sous nos yeux, dans laquelle trop se débattent, ou bien une société harmonieuse qui permettra aux uns et autres de se construire dans leur personnalité ?

Une chose est sûre : ce ne peut être celle des uns contre les autres, mais dans l’écoute et le respect des différences, l’unité n’étant pas l’égalité ni l’uniformité.

Les plus grandes joies

Classé dans : Famille — 19 avril, 2013 @ 4:55

 

Les plus grandes joies dans Famille index-21-150x150Alors que s’annonce une fin de semaine, dans une vie parfois oppressante si on en reste à l’actualité, je vous propose de prendre un grand bol d’air.

Dans un précédent billet, j’ai partagé des réflexions, sur ce que pouvaient être les forces et les faiblesses d’un homme, d’une femme.

La vie est ainsi faite, parfois l’âge aidant, qu’elle est traversée d’épreuves qui se nomment accident, maladie, perte d’un être cher,…. Ces périodes vécues nous montrent à la fois la fragilité et la grandeur de la vie. De ces faiblesses que nous vivons, peuvent naître des forces qui passent par un certain abandon de soi-même dans les mains de ceux qui vous entourent, de ceux qui vous aiment.

Et la vie est aussi faite de grands bonheur, la famille est source de joies intense ; comme je l’avais déjà exprimé dans un autre précédent billet.

En quelques semaines, il m’a été donné de vivre et de recevoir ces épreuves comme ces joies.

Une famille nombreuse rencontre des difficultés pour être au complet à chaque événement, fête, anniversaire ; nous avons donc pris l’habitude de regrouper les célébrations familiales : untel sera fêté quelque temps avant la date anniversaire, ou quelques temps après ; les cloches passeront aussi une ou deux semaines plus tard que Pâques, elles ont des réserves d’œufs pour tous les enfants !

Mais, en quelques sortes, on organise, prévoit ces décalages, un anniversaire, Pâques, Noël,….on connaît les dates à l’avance,….. et il y a les imprévus qui fondent souvent les plus grandes joies.

Quand, de plus, le temps illumine la rencontre !

Une de vos enfants vous présente celui qui avec elle forme  couple : sortez vos mouchoirs, votre cœur est à la limite de la défaillance, la famille partage le bonheur nouveau, les parents regardent leur fille avec tendresse.

A peine vous êtes-vous remis de vos émotions qu’un des couples de vos enfants vous apprend que vous allez être à nouveau grands-parents ! Alors là, on se pose, on respire profondément, qui essuie une larme, tel autre croit avoir mal compris, on embrasse tendrement et les petits-enfants ne cachent ni leur joie, ni ce qui peut être aussi de l’émotion….vite dépassée par les jeux, les cris, qui sont aussi soleils à concurrence avec celui qui nous réchauffe le corps.

Que dire aussi, quand le lendemain on regarde les photos, « collectors » disent certains ; le petit bout annoncé ne peut savoir la joie que l’annonce de sa venue a donné, mais il pourra, plus tard, se rendre compte de ce que cela a été.

Certains se retrouveront peut-être  dans ce billet aux odeurs de bonheur.

Celui-ci est pour moi nourriture, je sais qu’il l’est aussi pour les miens qui donne d’avancer là où nous sommes et de construire ce qui à quoi nous sommes appelés.

Et je rends grâce…..

Conjuguer le verbe se manifester

Classé dans : Foi et religion — 17 avril, 2013 @ 8:58

 

Conjuguer le verbe se manifester dans Foi et religion images-9-150x150A la fin de cette première année de mandat, je laisse le soin à d’autres de dire ce qu’on peut retenir au bilan du Président de la République et du gouvernement; un point est acquis à savoir que, grâce à eux, l’Eglise, les catholiques mais aussi bien au-delà ont été amenés à réfléchir, de manière encore plus pressante, à leur manière de se positionner dans la société, dans les débats de société : laïcité, hébergement des sans-abris, début et fin de vie, recherche sur l’embryon, mariage dit pour tous….liste non limitative. Voilà bien des sujets fondamentaux qui touchent tous, à ce qu’est l’être humain dans toutes ses dimensions

Dans le passé récent, à propos de lois bioéthiques, par exemple, lors de l’évacuation des camps de Roms (encore récemment à Lyon), l’Eglise et les chrétiens ont pris parts aux débats, se sont positionnés, ont réagi.

Mais sur un sujet comme le mariage, les choix du gouvernement, choix de fond comme de méthode, ont fait monter de degrés cette participation devenue manifestations ; alors que le candidat HOLLANDE avait été élu en mettant en avant une volonté de rassembler, d’unir, de débattre, il y a bien longtemps que le pays n’avait pas aussi divisé ; ceci est vrai sur les sujets éthiques, mais touche aussi aux domaines économiques et sociaux.

L’élan doit devenir tremplin

Tout a été dit ici quant au fond de la question, sur les risques quant aux choix faits par le gouvernement, son refus d’entendre d’autres arguments ; la situation de tension d’aujourd’hui lui est donc imputable et l’accélération qu’il donne quant aux derniers votes, la volonté de passer par les ordonnances quant  aux modalités d’application de la loi ne peuvent que tendre encore la corde. Le vote acquis, restera le recours au Conseil Constitutionnel.

Mais il est utile de s’interroger, aussi sur l’évolution qu’on prises certaines manifestations au fil de ces dernières semaines.

Le succès de celle du 24 janvier était tant dans le nombre, la cohésion, les positions défendues, le respect de ceux qui ne partageaient pas les positions de la « Manif pour tous » ; si une grande part des participants appartenaient à l’Eglise catholique, qui de fait soutenait la manifestation, d’autres non.

Des problèmes sont ensuite apparus lorsque les partis politiques d’opposition, mais aussi des groupes de la droite extrême ont voulu être plus visibles et, pour certains, orienter les actions vers des modalités critiquables, certaines grandement condamnables. Progressivement, sur des positions concernant exclusivement les projets du gouvernement en matière de mariage et d’adoption sont venus se greffer des slogans plus « politiques », certains touchant directement au pouvoir, à sa capacité, à sa légitimité.

La scission s’est alors faite entre les tenants du maintien de la ligne suivie jusque-là et ceux qui poussaient à une évolution « plus offensive, » politique.  Cette « mise au point » était nécessaire.

Nous touchons là aux tensions, contradictions  de ce qui veut être mouvement ou manifestation se revendiquant, pour une grande part d’une appartenance chrétienne.

L’Eglise catholique, les Eglises et grande religions ont affirmé sur le sujet du mariage des positions très proches ; mais leurs membres ne sont pas, heureusement, des bataillons marchant d’un seul pas, elles sont faites d’hommes et de femmes avec leurs personnalités, leur vie, leurs choix de citoyens et de citoyennes.

Pour en rester à l’Eglise catholique, cette diversité va au-delà de ce qui a été constaté autour de la « Manif pour tous » où il y avait communauté de vue quant à l’analyse de fond des choix gouvernementaux ; il y a aussi en son sein des hommes et des femmes en nombre important qui voient de manière différentes, au nom de l’amour de l’autre, cette question du mariage entre personne du même sexe. Il ne peut, en ce sens, y avoir de mouvement « chrétien », de parti « chrétien » ayant vocation à être représentatif de l’ensemble car cela signifierai que ce mouvement ou ce parti soient en cohérence avec l’ensemble des exigences chrétiennes, ce qu’ils ne peuvent être.

Si le projet de loi va à son terme, qu’il arrive au bout des procédures et entre en application, le débat posé de manière forte sur le positionnement de l’Eglise, de ses membres dans les débats publics ne sera pas arrivé à son terme et devra être continuellement remis sur le métier.

L’élan pris doit devenir un tremplin pour une présence toujours plus active au monde ; le monde idéal n’existant pas, c’est par l’action de transformation constante qu’il progressera.

La feuille de route du Cardinal

Il n’y a pas qu’un moyen de se manifester ; certains de ceux qui ont été dans la rue ces derniers mois ont découvert l’action collective ; d’autres non, comme tous ceux qui ne se retrouvaient pas derrière les positions défendues et qui sont eux aussi engagés dans le monde du travail, la vie de quartier, le logement des sans-abris, …..

Dans une interview à La Croix, le 16 avril, le Cardinal VINGT-TROIS s’en est fait en grande partie l’écho ; de même, dans son discours d’ouverture de l’assemblée plénière des évêques de France, mardi 16, il a repris ce qu’avait été l’actualité de ces derniers mois. Au-delà du mariage dit pour tous, les chrétiens sont invités avec insistance à prendre toute leur place dans les engagements, en cohérence avec le « dire ce qu’on fait », peut-être, mais aussi me « faire ce qu’on dit. »

« Nous sommes invités à approfondir notre enracinement dans la Christ et les conséquences qui en découlent pour chacune de nos existence. ».

S’il s’agissait de son dernier discours en tant que président des évêques, il ne s’agissait pas d’un testament mais d’une feuille de route :

  • comment se taire quand nous voyons les plus fragiles de nos sociétés menacés, les jeunes, les enfants face à ce que la Cardinal appelle le « libertarisme sexuel; »
  • recherche sur l’embryon, les débuts et la fin de vie ;
  • la prise en charge des demandeurs d’emploi, les familles expulsées, les camps de Roms démantelés sans solution de rechange

ceci pour donner les axes les plus dramatiques ou à risques des choix ou des abandons de nos sociétés de nos sociétés.

Cette feuille de route se poursuit par un appel à chacun, personnellement et ensemble à convertir ses pratiques, à « s’impliquer positivement dans les actions qui peuvent changer la situation à long terme. »

Une dynamique est apparue qui ne doit pas tomber ; si nos capacités et forces humaines nous obligent à faire des choix, définir des priorités d’engagement, rien de ce qui touche l’être humain ne peut être négligé, il s’agit de se soucier de « tout homme et de tout l’homme » (Paul VI-Populorum progressio-1967).

A chacune de dire et de faire.

Plus on grandit, plus ça se complique !

Classé dans : Famille — 15 avril, 2013 @ 5:07

 

Plus on grandit, plus ça se complique ! dans Famille index1Les lecteurs habituels de « A cœur ouvert », et les « amis » d’un réseau social bien connu, savent l’intérêt que j’ai à écouter les plus petits ; un de mes professeurs de philosophie disait même qu’ils posaient les vraies questions de fond ; il en a fait son sujet de thèse.

Il m’a été donné récemment de faire un voyage en voiture avec mon épouse, une de mes filles et un de mes petits-fils ; en cinq cents kilomètres, on peut se dire des choses! Et j’ai pu suivre un vrai échange d’économie politique entre ma fille et mon petit-fils alors que nous abordions des travaux sur l’autoroute;

·         « Pourquoi on fait des travaux ? »

·         « Qui fait les travaux ? »

·         « Ça coûte cher les travaux ? Comment on a l’argent ?…… » Et les questions, les échanges se sont enchaînés….

Quand la discussion en est arrivée à l’argent, les interrogations, les réactions se sont faites moins techniques car on abordait quelque chose qu’il connaissait, percevait bien.

Ah, les impôts ?

·         « C’est pas bien (je n’ai pas envie) de payer les impôts ! »

Tiens, j’ai déjà entendu cela dans la bouche de bien des adultes !

·    « Oui, mais si on ne payait pas des impôts, on ne pourrait pas faire des travaux, entretenir des écoles, faire fonctionner le pays,….. » dit ma fille !

Oh, la discussion n’est pas venue sur le calcul de l’impôt, la justesse ou non de sa répartition,…. Mais le petit-fils compris très bien qu’on ne pouvait rien faire sans argent, ça il le savait déjà ! Et puis, les questions et réponses s’enchaînant, vint la phrase titre de ce billet.

·         « Quand on est petit, c’est Papa et Maman qui décident ; après, plus on est grand, plus ça se complique ! »

Alors, on le rassure :

« Tu sais, on apprend progressivement, quand tu grandis tu peux savoir progressivement,….. »

Evidemment, il ne pouvait réagir autrement qu’à son seul horizon de bout de choux de six ans ; et c’est vrai que tout ceci paraît compliqué.

Mais n’a-t-il pas raison ? Son « analyse » n’est-elle pas revêtue d’une certaine justesse ?

Il n’est que voir la vie qui est la nôtre, au-delà celle dans les groupes, collectivités où nous vivons, pour ne pas parler au-delà, celle du pays, du monde.

Pour peu que leur existence se déroule dans un environnement familiale, scolaire, épanouissant,  la vie des enfants consistera à explorer, jouer, apprendre, découvrir l’autre, l’altérité ; viendra aussi la notion d’assurance sous la protection de la famille, des parents, mais aussi d’autorité ; et oui, « quand on est petit, c’est Papa et Maman qui décident, » mais aussi, avec d’autres éducateurs, qui apprennent ou aident à construire sa propre autonomie.

Les inquiétudes du bas-âge sur la complexité des choses, s’estomperont et l’enfant deviendra adolescent, adulte pour être à son tour celle ou celui qui éduque, qui fait, qui décide. Les conditions de son entrée dans la vie seront, pour une très grande part, fonction de ce qu’il aura reçu des adultes.

Pour autant, tout ne sera pas simple, quand bien même les moyens auront été donnés d’acquérir l’autonomie, les connaissances pour être adultes, travailleurs, responsable, élu,…..

Le monde est ce qu’il est, mais les hommes contribuent à ce qu’il soit encore plus compliqué : on pourrait parler de la famille,  et l’exemple donné ces derniers temps est un contre-exemple de ce que ce devrait être ; que dire des tromperies, du mensonge, même de là où on ne l’imaginerait pas. Et les conflits, les tensions : il y a ceux dont certains de ces enfants sont témoins dans leur entourage ; et il y a les autres entre peuples et nations.

Puisse les adultes penser aux enfants, qui sont les adultes de demain, lorsqu’ils vivent, agissent, décident ; ne serait-ce pas un moyen d’atteindre à la sagesse ?

Alors l’enfant pourra penser que, si le monde des adultes n’est pas celui des enfants, s’il y a des choses à connaître, des obstacles à affronter, cela sera tout au long de sa propre construction et qu’il sera aidé.

La vie des humains n’est pas celle des « Bisounours »,  certes, mais il est sans doute possible de contribuer à la rendre moins difficile.

Alors on aura répondu aux interrogations de mon petit-fils !

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