Avec sa gueule de métèque, il est parti !
Ce billet date d’octobre 2011, alors que Georges MOUSTAKI rendait publique sa maladie « irréversible »; alors qu’il est passé aujourd’hui sur l’autre rive, je n’en change pas un mot. Certes, le Métèque n’écrira plus, mais ses chanson et Milord n’est pas prés de passer l’arme à gauche!
Cher Georges,
Il y a longtemps qu’on ne t’avait ni vu, ni entendu « l’ami » Georges; oui, je me permets de t’appeler « ami » tellement je te sens proche, tellement bien de tes chansons me parlent.
Et voici que, à travers une interview au journal La Croix (14.10.2011), tu nous reviens, expliques tes absences et nous parles de ta santé: celle-ci n’est pas bonne, dis-tu, tu es atteint d’une maladie pulmonaire dite irréversible. Et, paisiblement, tu nous expliques ce qu’est ta vie aujourd’hui, des personnels qui t’ont soignés, et combien, même si ta vie ne peut plus être la même, elle est là: tu voyageais de par le monde, tu voyages dans sa chambre, maintenant, et tu peins, tu écris, tu dessines et les nouvelles technologies facilitent les choses. Ecris encore longtemps, Georges!
A travers ta gueule de métèque je retrouve la diversité du monde: le métèque, celui qui n’est pas chez lui, qui vit dans une autre ville, un autre pays; ce qui n’était pas péjoratif, à l’origine, l’est devenu pour parler des autres, déracinés, immigrés, étrangers ici et parfois aussi chez eux. Ils ont la peau brune, souvent, comme celle que tu as du avoir, sans doute, tu en parles, en tout cas comme celle de ces peuples en révolution, d’Egypte, ton pays, qui t’ont surpris.
Le juif errant, certes c’est celui qui a cherché sa terre longtemps, qui se bat pour qu’elle soit reconnue par tous, mais ce sont aussi ces peuples en attente de leur propre terre, comme les Palestiniens, et toutes ces femmes, ces hommes, déracinés qui fuient la guerre, la misère.
Peut-être tirai-je un peu sur le sens de tous tes mots, je n’en suis pas si sûr?
Et le pâtre grec me fait penser à cette vie faite de proximité avec la terre et ceux que le Créateur a donné à l’homme pour lui tenir compagnie, le nourrir.
Milord, c’est tout autre chose! Je ne pense pas que ces paroles soient autobiographiques, après tout je n’en sais rien; il n’y avait que Piaf pour le chanter, au moins pour la première fois: celle que croise Milord, c’est elle; ah! Ces hommes brillants en apparence, qui montrent beau, mais qui pleurent comme tout un chacun devant l’échec de ces amours fugaces.
« Tout ce qui brille n’est pas or, » dit le proverbe, tout ce qui est paraître est fragile; et ceux qui permettent de sortir du marasme, de la panade, du chagrin sont souvent ceux, en apparence plus fragiles, plus simples, mais plus riches d’une générosité du cœur, plus riches de partager le peu qu’ils ont. Celle que tu croise, Milord, fait peut-être un « métier » que la société réprouve, la vie n’a sans doute pas été facile pour elle. Mais peut-être, si tu sais l’écouter, tu perdras un peu de ta superbe, mais tu gagneras du fond.
Et le temps de vivre? Je la connais encore par cœur cette chanson, je l’ai chantée avec celle que j’aime, il y a……….quelques années; le temps de vivre c’est celui dont nous parlions en mai 1968, de vivre et d’être libre! Certes il y avait du rêve, et tu le chantes su bien; du rêve, il y en a dans ces périodes de type révolutionnaire et les réalités, ensuite, voient souvent arriver des retours de bâton, il y en eu. Le lieu n’est pas ici d’en tirer des analyses; mais le rêve, la volonté de changer les choses, le refus du fatalisme ne sont-ils pas encore et toujours nécessaires? Périodiquement des coups de sang se produisent, et des peuples se soulèvent, alors? Il y a encore du chemin pour passer du rêve de sa vie à la vie de ses rêves, mais si on ne fait rien?
Voilà, cher Georges, ce qui m’est venu après t’avoir lu; merci de nous donner de tes nouvelles. Que les temps que tu vis soient paisibles et, comme tu l’espère, je souhaite que la vie passionnante que tu as menée le soit vraiment jusqu’au bout…..et que ce bout soit le plus loin possible!
Salut l’artiste !













